Interlude

Il est une actualité qui me donne beaucoup à penser, bien que je m’exprime rarement sur ces sujets en ce lieu.
Il me souvient dans le passé, qu’une très chère amie avait exprimé l’opinion que plus devrait être pardonné aux artistes, qu’au quidam moyen.
Je m’en étais vivement indignée, disant que moi artiste, je ne trouverai pas tolérable que ce hasard mystérieux m’exonère de mes responsabilités de citoyenne et d’être humain.

Pour appuyer le trait pour ceux qui ne suivent pas, je vais exceptionnellement m’offrir un point Godwin : Si Hitler avait été un peintre de génie, aurait-il fallu lui pardonner ?

Or donc, voici deux liens qui résument pas mal mon humeur :

Maître Eolas, dont la lecture me rend souvent moins bête.

Et cette chronique d’un abonné du Monde, qu’il faut lire, et dont j’espère que le souhait se réalisera…

19 réflexions sur « Interlude »

  1. ouaip…
    farpaitement!
    J’aime particulièrement la remarque d’Eolas sur l’indignation au sujet de la prison.
    Et ce qui arrive à cet abonné du Monde est tout bonnement atroce.
    Pôvre France…
    Y a toujours moyen de négocier un asile politique dans la Princessipauté contre moult tartes aux pommes? J’ajoute une balconnière de persil bio…
    o_Ô

  2. Je ressens une grande sensation d’écoeurement à l’idée que les jeunes, pour ces dérécébrés qui nous gouvernent, ne sont que des dangers à surveiller, des crache-argent de poche, ou des objets sexuels.

    Quel message grandiose envoyé à toutes les mères plus ou moins maquerelles cherchant à faire entrer leur enfant dans le showbiz : vendez là, votre gosse, en france personne ne sera coupable de rien si le vieux salopard qui va la souiller a effectivement du talent.

    Et ces autres messieurs oscarisés/césarisés, ils comptent déjà combien de très jeunes vierges leur notoriété va leur permettre de salir en toute quiétude ? C’est que c’est révolutionnaire, comme concept, très interessant pour certains.

    Enfin on ne parle pas vraiment d’un sujet grave, là. Ce n’est pas comme si quelqu’un avait téléchargé l’un de ses films, à polanski…

  3. La Trollette > Ouais, ouais, y’a négo possible ! :-)))

    Krysalia > Il faut se méfier de ne pas généraliser, ou se laisser emporter par l’indignation.
    Il y aura toujours des gens pour maltraiter leurs mômes et/ou ceux des autres, sans avoir nul besoin de faire partie du show-biz, ou qu’une affaire de cet acabit leur donne l’exemple.
    L’attirance qu’ont certaines personnes pour les très jeunes filles ou garçons est une chose qui me répugne, d’autant que je me souviens de l’angoisse et de l’anxiété que je ressentais face à ceux que j’ai pu croiser, quand j’avais cet âge-là. Et aucun d’eux n’était Polanski.

    Je pense simplement qu’il faut que la justice passe pour lui, comme pour les autres.
    Et je suis heureuse pour lui, que d’après ce que j’ai lu ici et là depuis plusieurs années, la jeune fille impliquée soit manifestement devenue une femme heureuse et bien dans sa vie.
    Le contraire aurait rendu les choses bien plus moches.

  4. Je suis tout à fait d’accord avec toi, je ne généralise pas en fait, je formule un gros sarcasme qui se veut rester dans le domaine de cette affaire. Quand un de nos politiques exprime des jugements de valeur, qu’il aimerait voir appliquer à un cas précis, je ne peux pas m’empêcher de penser à ce que ça donnerait dans d’autres cas identiques, fréquents ou répétés.

    Clairement, mitterand exprime que la gravité de l’acte de P. est à minorer, voire à effacer selon le talent de l’interessé. Je m’effarais du bordel que ce serait si on partait effectivement de ce principe, avec le point de vue d’un côté ou de l’autre des protagonistes.

    Je suis tout à fait d’accord aussi que plein d’autres jeunes gens ont souffert et auront à souffrir de situations similaires sans que leur agresseur soit célèbre ou talentueux. mais justement, c’est cela qui m’indigne, les implications des déclarations de l’Autre Andouille de la Culture qui font de cette histoire un cas à part pour cause de "talent".

  5. Krysalia > Ok, j’comprends…

    Pintel > Ben c’est pour ça qu’il faut lire Eolas. Dans un cas comme celui-là, les poursuites ne dépendent pas de la victime.
    Mais du coup, on se demande c’est quoi les cas où le fait que "La victime a retiré sa plainte" semble clore l’affaire…

  6. Je vais surement me faire taper sur les doigts à coup de règle par eolas, mais je peux essayer de donner une explication là dessus :

    suivant ce qui a été commis, il peut y avoir deux préjudices différents : celui fait à l’état pour avoir franchi les barrières de la loi, et celui fait à une éventuelle victime. Ils ne sont pas toujours confondus.

    eolas donnait un exemple de franchissement de la loi sans victimes : la personne sans papiers qui reste sur le territoire. quand il y a arrestation ou procès d’un sans papier, l’intervention de l’état n’est pas requise par une victime.

    dans d’autres cas, il y a aussi des victimes, qui se portent partie civile : ils déclarent avoir été lésés par l’acte qui a été commis, pour lequel l’état poursuivait déjà. par exemple (là c’est moi qui choisis, c’est périlleux :D) un pétrolier qui dégaze et fait une marée noire.
    l’état poursuit pour le manquement à la loi et les dégâts faits au territoire, et des gens/des collectivités se portent partie civile pour qu’on examine aussi leur préjudice. Mais imaginons que le territoire abîmé ait été vierge ou que personne ne souhaite indiquer qu’il a été lésé, le procès pourrait se tenir sans partie civile, et sans plainte initiale.
    dans d’autres cas encore, l’état ne poursuit pas seul, il agit parce qu’un plaignant a requis son intervention pour faire cesser un trouble. Par exemple les dégâts causés à une maison par les branches de l’arbre d’un voisin, le propriétaire de la maison étant le plaignant.
    je reviens un instant sur les trois cas :
    dans l’exemple du sans papier, l’état poursuit même en l’absence de victimes puisque par nature il n’y en a pas.

    dans l’exemple du pétrolier, si personne ne se porte partie civile, l’état a quand même matière à agir et à juger, il ne statuera simplement pas sur le préjudice fait à des individus parmi tous les autres éléments sur lesquels il a à statuer.

    dans le cas du trouble de voisinnage en revanche, l’état n’agit que parce que le propriétaire de la maison lui demande de faire valoir l’état du droit, qu’il pense être en sa faveur, pour faire cesser le trouble. Mais il suffirait que le plaignant retire sa plainte (en disant par exemple qu’il a trouvé un arrangement amiable et que le trouble à disparu), pour que les poursuites cessent.

    C’est pour cela que dans le cas de la jeune femme, le fait qu’elle veuille arrêter les poursuites ou pas est secondaire au fait que c’est l’état (de californie je crois) qui souhaite poursuivre la personne qui l’a agressé. Elle peut retirer sa plainte, il reste en quelque sorte """la plainte de l’état lui même""" (c’est pas beau comme expression mais ça explique peut être assez pour ne pas me prendre de coups de règle…)

  7. tiens, précision avant de me faire engueuler 🙂 : quand je dis "victimes", plus haut, c’est "autodéclarées", bien sûr, puisqu’elles ne seront confirmées dans leur statut de "victimes de" que par un jugement. J’aurais du dire plaignants.

  8. ah et donc, ton altesse, pour répondre à ta question à toi, les cas ou "la plainte a été retirée" et que ça clôt l’affaire, ce sont tous les cas ou la plainte était comme la plainte de voisinage dans mon exemple plus haut : une demande d’un plaignant qui souhaite que l’état oppose le droit à son adversaire, pour faire cesser un trouble qui ne concerne que ce plaignant.

  9. Sodomiser une fille de 13 ans, même envoyée par sa mère, même à demi-consentante ( ce mot n’a aucun sens quand on a 13 ans ) ça reste un geste horrible. on peut regarder le truc sous un angle légal, discuter des différences entre les lois barbares des USA et civilisés ailleurs(et c’est le cas)mais à quoi la prison peut bien servir? empêcher un malade de nuire peut-être, mais la justice ne doit pas devenir la vengeance.

    Polanski blessera-t-il d’autres jeunes femmes ? N’a-t-il pas largement payé pour son geste ? Je ne sais pas parce que je ne connais pas toutes les circonstances.

    Je veux juste qu’on juge un crime qui a été commis par une personne dans un contexte particulier, et non pas qu’on punisse un geste en soi.

    La prison n’est pas une solution, c’est un pis-aller quand on ne peut trouver mieux.

  10. >N’a-t-il pas largement payé pour son geste ?

    Largement ?
    ah ben si, il a donne des sous a la victime. Mais bon heureusement que ca ne suffit pas a tout effacer, sinon il suffirait d’etre riche pour pouvoir tout se pemettre.

    Ah merde, c’est le cas, didon.

    D’ailleurs notre BHL national excuse Polanski qui aurait commis une "erreur de jeunesse".
    Je pense qu’il devrait essayer de vendre ce concept a la victime, pour la recherche.

    http://www.nytimes.com/2009

    Ceci dit, malgre ce qu’il a fait, apres 30 ans et apres que la plainte ait ete retiree, cette affaire prend un tour tragi-comique et je me demande ce que ca changerait de coller bidule en taule a 73 ans. Y a pas autre chose sur lequel focaliser les energies ?

  11. pintel > il pourrait pas se baillonner avec un de ses jabots en ruché, le BHL, de temps en temps, au lieu de proférer des conneries?
    Je lui file du persil s’il veut, pour ça ait meilleur goût… du moment qu’il se la ferme quelques temps…

  12. Ben moi, le débat me laisse du côté de Michaud, parce que je trouve que ce Finkelkraut éructant de rage, est absolument outrancier, et pas objectif.
    Et je suis assez choquée de l’entendre dire (entre autres) :"Cette jeune fille avait déjà eu des relations sexuelles avec son petit ami…"
    So what ? ça justifierait qu’un type de 40 ans lui passe dessus, alors qu’elle n’a que 13 ans ?

    D’autre part, évoquer le passé tragique de Polanski, passé que je trouve bouleversant, comme une sorte d’exonération, ça me paraît carrément scandaleux !
    Je suis française, et je ne suis pas cette France monstrueuse qu’il décrit, je souhaite à Polanski de ne pas être condamné lourdement, mais je reste convaincue que la justice doit arriver à clore ce dossier selon les règles.

  13. Tout cela me rappelle que je ne t’ai pas souhaité un heureux anniversaire en temps et en heure, cette année.
    Des bises (avec intérêts) pour l’occasion.

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